L’homme de 39 millions
par Alexandra Philibert, Rédactrice – Français, AllHabs.net
MONTRÉAL, QC — On en parlait, et reparlait, et voilà que ça s’est réalisé. Le 2 Juillet dernier, Marc Bergevin a mis sous contrat le gardien numéro un du Canadien de Montréal, Carey Price.
Ce joyau, qu’est sensé être Carey Price, vient de parapher le contrat le plus lucratif que le Canadien n’ait jamais octroyé, d’une durée de six ans qui lui rapportera 39 M$. Ce qui a pour effet d’inscrire un beau 6,5 M$ sur la masse salariale au cours des prochaines années.
Disons que le contrat signé par Jonathan Quick, mais surtout celui de Pekka Rinne, auront largement aidé Price, qui serait devenu joueur autonome en 2014, à obtenir un tel contrat. À la fin de celui-ci, le gardien aura 30 ans, l’âge moyen où un joueur de cette position atteint son apogée, son plein potentiel. Le Canadien s’achète aussi quatre années de paix comme on dit dans le milieu.
Avouons-le, Price, qui a été repêché en 1e ronde, au 5e rang lors du repêchage de 2005, n’a pas connu une campagne comme il l’aurait désiré la saison dernière. Son équipe terminant au 15e rang, Carey n’a pas obtenu les statistiques dont il a déjà fait preuve. Connaissant de bons matchs où son équipe l’a laissé tombé, tout en connaissant lui-même des matchs ordinaires, voir à oublier. Est-ce que cela fait de lui un mauvais gardien? Permettez-moi d’en douter.
S’il n’a rien prouvé pour s’établir comme un des meilleurs gardiens, mais surtout comme l’un des trois gardiens les mieux payés de la LNH, son parcours, son contrat, ainsi que les sorties de son directeur général nous forcent à penser le contraire. Ou du moins que le joyau que le Canadien a vu en lui lorsqu’ils l’ont repêché est toujours là, qu’il ne reste qu’à le polir.
On ne peut dire non plus qu’il a obtenu de mauvaises statistiques, mais il s’agit de loin d’une de ses pires saison en carrière jusqu’à aujourd’hui. Lorsque tous les joueurs ont fait face aux médias suite à la fin de la saison, Price ne s’est pas défilé, il a fait face à la musique en expliquant clairement que tout le monde faisait partie de la solution, y comprit lui.
Cela démontre que le jeune Price a grandi, et est définitivement plus mature que le jeune homme auquel nous avions droit il y a quelques années. L’homme est maintenant plus sûr de lui, supporte son équipe et est plus calme dans ses réactions. Doté d’un fort caractère, on le voit tranquillement devenir plus sage.
Maintenant, son contrat en poche, il n’en tient plus qu’à lui de donner raison à Marc Bergevin, Trevor Timmins, ainsi qu’à tous ceux qui croient en lui. C’est à Carey Price de prouver à la « mecque du hockey » qu’est Montréal, qu’il possède le talent pour faire une différence, qu’il est la pierre angulaire de cette équipe, cette bougie d’allumage, mais surtout ce gardien si longtemps recherché avec qui l’équipe pourra aspirer aux grands honneurs.
L’homme de 39 millions aura des choses à prouver, et il aura six années pour le faire.
































