Glorieux Souvenirs: Un Garçon et Ses Héros
par LadyE, AllHabs.net – traduit par Karine L.A.
MONTRÉAL, QC– Février 1999. James gagne des billets pour patiner au Centre Molson à titre de membre du Fan Club des Canadiens de Montréal.
Il n’y avait aucun joueur; qu’un groupe de personnes et lui à qui fut donnée l’opportunité de patiner sur la glace bénie.
Après la séance de patinage libre, tous étaient invités à assister à une conférence de presse pendant laquelle Réjean Houle annonçait qu’aucun échange n’était prévu parmi les membres de l’équipe, tout spécialement en ce qui concerne Mark Recchi.
Il était heureux de savoir son héros sauf.
Puis c’est arrivé.
Le 10 mars 1999, Mark Recchi des Canadiens de Montréal fut échangé pour Danius Zubrus des Flyers de Philadelphie et quelques choix au repêchage.
James, huit ans, en était dévasté.
Que peut faire un petit garçon dans un moment comme celui-là?
Il écrit une lettre.
Cher M. Réjean Houle,
J’étais très choqué de l’horrible nouvelle concernant l’échange de Recchi. Je sais que je n’étais pas le seul à être choqué de cet échange dévastateur.
Mon nom est James. J’ai 8 ans et Mark Recchi est mon héros!
J’aime aussi Stephane Quintal. S’il-vous-plaît, ne l’échangez pas lui aussi!
Pourquoi avez-vous échangé votre joueur le plus précieux? Il valait définitivement $6 million par saison.
C’était une grosse erreur.
S’il-vous-plaît, ramenez-le et échangez Damphousse à sa place!
J’ai un laminage 8×10 de Mark et moi dans ma cuisine et je le chéris.
C’est un jour très triste pour moi.Sincèrement,
James
Cette lettre était un épanchement émotionnel d’un garçon de huit ans qui venait tout juste de perdre son héros.
D’une lenteur atroce ont passé les jours.
Quelques jours. Une semaine. Plus.
Le sac-à-dos qu’il transportait à l’école pesait lourd sur ses épaules, tout comme le poids dans son cœur alors qu’il marchait péniblement, se demandant pourquoi cela s’était produit. Pourquoi son héros avait-il dû partir?
C’est alors que Réjean Houle lui répondit. Oui. Il prit le temps d’écrire une lettre à un garçon de huit ans afin de lui expliquer la raison de l’échange. Un geste d’une grande classe, à mon avis.
Cher James:
Merci pour ta courte note écrite que j’ai reçu le 15 mars dernier.
Je peux comprendre à quel point tu étais en colère de savoir ton joueur préféré échangé à une autre équipe, mais la situation change de jour en jour dans le monde du hockey et tous les gens de l’équipe impliquée doivent accepter ces événements. Le temps permet de mettre en lumière bien des choses et malgré des critiques défavorables, je suis confiant que tout se déroulera pour le mieux en bout de ligne.
Je te prie d’accepter la carte postale illustrée ci-jointe comme souvenir du temps que ton héros a passé avec les Canadiens de Montréal.
Sincèrement,
Réjean Houle
Chose est, les Canadiens avaient oublié d’inclure la photo.
Quand la mère de James appela au siège social des Canadiens de Montréal, une femme avec laquelle elle parla dit : « Oh, cette lettre-là. » Apparemment, elle avait été lue par tout le monde au bureau.
Sa lettre a touché leurs cœurs, mais ne pouvait malheureusement pas ramener Recchi.
Saut rapide jusqu’à l’an 2000.
Le dimanche 2 janvier 2000, l’équipe de hockey atome de James gagne une invitation à jouer durant l’entracte de la partie Canadiens de Montréal – Rangers de New York. C’était la première partie du nouveau millénaire au Centre Molson. Son équipe fut séparée en deux. La moitié des joueurs a porté des chandails du Canadien et l’autre, des chandails des Rangers.
James reçut un chandail du Canadien avec son nom inscrit dessus et le numéro 27. Le numéro de Shane Corson.
Au moment où les hymnes furent chantés, James se tenait à côté de Corson.
Il était temps de faire la mise au jeu d’ouverture. Corson agissait à titre de capitaine, car Saku Koivu souffrait d’une dislocation de l’épaule. Guy Lafleur laissa tomber la rondelle en compagnie de Rod Gilbert qui représentait les Rangers.
Ce fut à ce moment que l’annonce se fit entendre. James était convoqué à faire la mise au jeu avec Shane Corson! Le port du numéro 27 lui porta chance!
Deux rondelles furent lâchées, la mise au jeu fut faite et tout le monde patina vers le banc. Au moment où James s’apprêtait à quitter la patinoire, Lafleur lui dit de rester sur la glace et de patiner avec l’équipe.
Il n’allait pas dire non.
Les arbitres ont dû demander à James de quitter la patinoire afin que la partie puisse débuter!
Les Canadiens n’ont pas perdu leur première partie du millénaire. Ça se termina dans l’égalité. 2-2 en supplémentaire.
James possède toujours la rondelle de cette partie, son chandail au numéro 27 et un souvenir d’une soirée qu’il n’oubliera jamais.
James n’a jamais cessé d’aimer les Canadiens de Montréal et son coeur continue de battre au rythme du bleu blanc rouge.
Les souvenirs d’enfance que nous gardons de nos héros du CH ne s’effaceront jamais. Ils vivent dans nos cœurs pour toujours.
James étudie présentement en psychologie au College Dawson et est auteur pour le Magazine All Habs. Son centre d’intérêt sont les prospects. Vous pouvez le suivre sur Twitter @J_Habs.

































